Le Musée La Salle des Couvertures

La Salle des Couvertures

Le Musée Souleiado possède une grande collection de couvertures piquées. Les toiles imprimées locales ou d’ailleurs, ont toutes trouvé acquéreur dans les foyers provençaux.

Une véritable bibliothèque de plus de trois siècles de motifs courants ou très rares vous sont présentés dans cette salle, ou lors des visites commentées lorsque le guide vous fera découvrir de nouveaux trésors sortis de nos armoires.

A la découverte du Piqué Marseillais

Le piqué est né bien avant notre calendrier chrétien en Asie. Il permettait déjà à son utilisateur de se protéger du vent et du froid. Cette technique va alors traverser les océans et conquérir l’Europe.

C’est principalement en Inde, en Italie et dans la belle cité phocéenne Marseille, que l’on acquiert et fabrique en quantité ces toiles piquées. Des inventaires marseillais du Moyen âge prouvent l’existence réelle de cet artisanat en Provence. D’abord un véritable luxe, il se démocratisera un peu au cours des siècles, de nombreux ateliers de piquage vont voir le jour et on lui donnera à jamais le nom de « Piqué Marseillais ».

Cette technique consiste à maintenir deux épaisseurs de toiles imprimées renfermant une épaisseur de ouate par un point de piqûre avant, bien tendu, souvent un motif quadrillé permettant à l’étoffe de ne pas se déformer.

Un jeu d’ombre et de lumière donne alors plus de vie à ces toiles peintes de fleurs exotiques, imprimées à la planche de semis ou de motifs géométriques mais encore d’indigo ou de garance à la réserve.

Les foyers les plus riches s’ornent et remplissent leurs armoires de ces couvertures piquées, courtepointes, « vano ».

Les Provençales se serviront tout comme les Japonais pour leurs kimonos, du piquage pour leurs jupes, leurs manteaux et leurs couvre-lits.

Souleiado, non seulement gardien de ce savoir-faire dans la fabrication des tissus imprimés aux mille couleurs devient aujourd’hui le porte-drapeau dans l’art de la maison avec une collection de parures de lit piquées à la main à la manière de nos ancêtres.

Exemple même de la notion d’intemporel, d’indémodable que cet artisanat né à l’autre bout du monde, est devenu ici sur les bords de la mer Méditerranée un véritable Art.

L’Art du Boutis

Cette tradition enracinée dans la terre provençale sera, à toutes époques, considérée comme un ouvrage de qualité.

Les Provençaux sauront le créer au 17ème siècle, le mettre en valeur au 18ème et feront de lui un complice de chaque instant de leur vie au 19ème siècle. Il se diffère du simple piqué par la richesse d’un travail d’ornementation très raffiné, obtenu par la technique du méchage.
Afin de mettre en valeur le dessin, le côté que l’on appellera « l’endroit » s’exécutera sur une fine et belle étoffe.

Sur cette toile, on prendra soin de poncer le décor au préalable, ce travail fait, une première étoffe sur une autre d’un tissage plus simple sera posée, l’ensemble étant tendu sur un métier ou cercle de brodeuse.

La couturière réunira ensuite les deux surfaces en piquant d’un point arrière aux 17ème et 18ème siècle, le point avant sera également utilisé. Mais au 19ème siècle, on pratiquera uniquement ce point pour les coudre. La raison est l’économie de fil, à laquelle chaque couturière devait se plier.

Le relief sera ensuite obtenu en bourrant de fines mèches de coton entre entre les piqûres, à l’aide d’une aiguille, les plumets de fin et de début de mèche seront repoussés à l’aide d’un petit outil de bois appelés boutis. Boutis venant du vieux français bouter signifiant pousser.

Au 17ème siècle, les reliefs méchés formaient, soit un décor de volutes, soit un gaufrage vermiculé d’une important finesse. Ce travail, très raffiné, rendait les caracos de cette époque très élégants. Les courtes-pointes, vano, chauffoirs, et autres éléments de décoration seront anoblis par cette technique.

Ces ouvrages boutissés sont réservés aux occasions marquantes de la vie, telles que le jupon de mariage, pièces de baptême ou courte-pointes blanches. Afin de réaliser de tels éléments, selon les capacités de la couturière, il pouvait s’agir d’un travail individuel ou collectif, pour une utilisation personnelle ou commerçante.

Les ateliers de brodeurs permettront d’aller plus loin dans la finesse des points.

Les ouvrières broderont sur le boutis des points de nœuds ainsi que divers autres points de broderie. Le point de Beauvais fera merveille et sera fort prisé à cette époque. Grâce à un fin crochet, on obtient de très fines boucles que l’on peut apparenter au point de chaînette. En tout premier, la broderie sera réalisée sur une étoffe, le travail de boutis étant ensuite exécuté.

Le Musée La Salle des Couvertures
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